Pour déployer des bornes de recharge sur le parking de votre entreprise, il faut enchaîner six décisions dans le bon ordre : vérifier ce que la loi vous impose, mesurer le besoin réel, contrôler la puissance disponible, choisir la technologie de borne, confier les travaux à un installateur qualifié IRVE, puis prévoir dès le départ la supervision et la maintenance. Le matériel n’est qu’une partie du projet. Les surprises viennent presque toujours de la puissance électrique, du raccordement et de l’exploitation. Ce guide suit cet ordre, avec les chiffres et les textes de référence.

Indelec
Protégez vos bornes contre la foudre
Indelec propose des solutions de protection contre la foudre, avec des systèmes de mise à la terre et des services d’installation et de maintenance.

TL;DR

  • Depuis le 1er janvier 2025, certains parkings d’entreprise existants de plus de 20 places doivent comporter au moins un point de recharge accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR). Vérifiez si votre structure est concernée.
  • Au-delà de 3,7 kW, seul un installateur titulaire de la qualification IRVE peut concevoir, installer ou maintenir vos bornes.
  • Comptez 5 000 € à 10 000 € par borne AC de moins de 22 kW, et jusqu’à 100 000 € pour une borne DC de 50 kW et plus, selon l’Avere-France.
  • Le vrai sujet est la puissance : parlez à votre gestionnaire de réseau avant de signer un devis, et prévoyez une supervision avec gestion dynamique de la charge.
  • Un parking extérieur est exposé à la foudre et aux surtensions : la protection fait partie du projet, pas d’une option ajoutée après coup.

Table des matières

Ce que la loi impose à votre parking d’entreprise

Avant de parler technique, clarifiez votre situation réglementaire. Elle détermine le calendrier et parfois le périmètre minimal du projet.

La fiche de Service Public Entreprendre sur les infrastructures de recharge obligatoires distingue plusieurs cas. Les obligations portent sur les parkings de plus de 10 places pour le pré-équipement des bâtiments neufs ou lourdement rénovés. Pour l’existant, la règle est la suivante : depuis le 1er janvier 2025, un bâtiment non résidentiel doté de plus de 20 places doit installer au moins un point de recharge accessible PMR, puis un point supplémentaire par tranche de 20 places additionnelles. Une limitation existe lorsque les travaux d’adaptation en amont du tableau général basse tension (TGBT) sont jugés excessifs en coût.

La même fiche précise que cette obligation sur l’existant vise les entreprises de plus de 250 salariés et/ou dont le bilan dépasse 43 M€ ou le chiffre d’affaires 50 M€. Si vous êtes en dessous de ces seuils, vous n’avez pas cette obligation, mais vous pouvez avoir d’autres raisons d’équiper : attractivité pour les salariés, électrification de la flotte, accueil des visiteurs.

La Loi d’orientation des mobilités encourage aussi les employeurs à réduire progressivement la part de véhicules thermiques de leur flotte, avec des obligations pour certaines organisations privées. Le détail dépend de la taille et du parc de véhicules : consultez la page de l’ADEME ou votre conseil juridique pour votre cas précis.

Pour une lecture complète des textes, nous détaillons les cas dans notre article sur les obligations IRVE en entreprise.

Ce que la loi impose à votre parking d'entreprise — overview diagram

Étape 1 : mesurer le besoin avant de choisir une borne

L’erreur classique consiste à demander un devis « pour dix bornes » sans avoir défini l’usage. Or le dimensionnement dépend de qui se branche, quand et combien de temps.

L’ADEME recommande de réaliser, avant toute installation, un audit de la flotte et de la compatibilité électrique pour dimensionner correctement le besoin. Elle insiste aussi sur l’accompagnement des collaborateurs : éco-conduite et gestion de la recharge évitent des coûts inutiles.

Pour cadrer l’audit, posez-vous ces questions :

  1. Quels véhicules ? Véhicules de service, véhicules de fonction, voitures de salariés, visiteurs, poids lourds éventuels.
  2. Quels temps de stationnement ? Un salarié qui reste huit heures n’a pas besoin de la même puissance qu’un véhicule utilitaire qui doit repartir en quarante minutes.
  3. Quelle croissance ? Deux bornes aujourd’hui, douze dans trois ans : le câblage et le tableau doivent être pensés pour la cible, même si l’on n’installe que le premier lot.
  4. Qui paie et comment ? Recharge gratuite, refacturée aux salariés, ouverte au public : chaque option change l’équipement de comptage et de paiement.
  5. Quel site ? Parking en plein air, souterrain, plusieurs bâtiments, site industriel classé : les contraintes de sécurité diffèrent.

Un salarié qui recharge chez lui n’est pas un sujet d’infrastructure sur votre parking, mais la question de la prise en charge de ces frais se pose aussi aux employeurs.

Étape 2 : vérifier la puissance disponible avec le gestionnaire de réseau

C’est le point qui fait déraper budgets et délais. Selon l’analyse d’Enedis sur les besoins électriques de la mobilité, l’enjeu d’un déploiement n’est pas seulement le matériel mais l’anticipation des besoins en puissance, qui suppose une concertation étroite avec le gestionnaire de réseau pour comparer la capacité de raccordement existante à la montée en charge du parc.

Concrètement, avant de comparer des offres :

  • relevez la puissance souscrite et la courbe de consommation actuelle de votre site ;
  • estimez la puissance simultanée que demanderaient vos bornes, avec un scénario réaliste (tous les véhicules ne se branchent pas à 100 % en même temps) ;
  • faites évaluer l’état du TGBT, des protections et des sections de câbles ;
  • demandez à votre gestionnaire de réseau si un renforcement ou une augmentation de puissance est nécessaire, et à quel délai.

La gestion dynamique de la puissance (voir plus bas) permet souvent de limiter l’augmentation d’abonnement : la borne module sa puissance selon la marge disponible au point de livraison. Selon l’Avere-France, elle évite des surcoûts d’abonnement.

Étape 3 : AC ou DC, le choix qui change l’ordre de grandeur du budget

Pour un parking d’entreprise, la question est moins « quelle marque » que « quelle puissance ». Les chiffres de l’Avere-France, dans son livre blanc de mars 2026, donnent l’ordre de grandeur.

CritèreBorne AC (moins de 22 kW)Borne DC (50 kW et plus)
Investissement estimé par borne5 000 € à 10 000 €Jusqu’à 100 000 €
Usage typiqueRecharge prolongée, parking de salariésRecharge rapide, 10 à 40 minutes
Travaux associésCâblage, protections, supervisionGénie civil et raccordement électrique lourds
RentabilitéDépend du taux d’occupation et des véhicules ventousesRepose sur un fort volume de transactions
LocalisationPlaces de stationnement longue duréeEmplacement stratégique dès le départ

Pour la plupart des entreprises, la borne AC de 22 kW est adaptée aux parkings où les véhicules restent plusieurs heures. La DC se justifie pour des flottes à rotation rapide ou une ouverture au public avec un trafic suffisant : le livre blanc souligne que la complexité de raccordement des bornes rapides est souvent sous-estimée.

Ces montants sont des estimations de marché, pas des devis. Votre projet sera chiffré après étude de site.

Le piège des véhicules ventouses

Sur les bornes AC, un véhicule qui reste branché alors qu’il est chargé occupe une place pour rien. Le livre blanc de l’Avere-France cite ce risque comme un frein à la rentabilité et recommande une tarification intelligente et une supervision dynamique pour améliorer le taux d’utilisation. En entreprise, une règle simple de rotation, couplée à des alertes de fin de charge, règle une grande partie du problème.

Étape 4 : choisir un installateur qualifié IRVE

Ce n’est pas une option. Qualifelec rappelle que la qualification IRVE est obligatoire pour tout installateur qui réalise la conception, l’installation ou la maintenance de bornes de puissance supérieure à 3,7 kW, conformément au décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017. Les indices de qualification couvrent l’AC (IRVE 1 et 2) et la DC (IRVE 3).

Quelques vérifications à faire avant de signer :

  • La mention IRVE figure sur le devis et sur la facture. C’est un moyen simple de contrôler que l’entreprise travaille bien dans ce cadre.
  • Le niveau de qualification correspond à votre projet. AC ou DC, puissance, nombre de points.
  • L’offre inclut la supervision et la maintenance, ou précise qui s’en charge.
  • L’installateur connaît votre environnement. Site industriel, ICPE, parking extérieur, zone soumise à des règles de sécurité particulières.
  • Les essais et la mise en service sont documentés. Vous devez pouvoir présenter les rapports à votre assureur.

À qualité égale, préférez un interlocuteur unique qui gère l’étude, les travaux, la mise en service et le suivi : en cas de problème, vous n’avez pas à arbitrer entre plusieurs intervenants.

Étape 5 : protéger la borne et le site contre la foudre et les surtensions

Une borne est un équipement électronique installé dehors, souvent à l’endroit le plus dégagé du site, relié au TGBT par un long câble. Ce sont les conditions classiques de dommages liés aux surtensions. Un impact de foudre proche peut mettre à l’arrêt plusieurs bornes à la fois, avec un effet direct sur la disponibilité pour vos équipes et sur l’assurance.

C’est un sujet que nous connaissons bien, car la protection contre la foudre est notre métier d’origine. Les points à traiter dans un projet IRVE :

  • Analyse du risque foudre du site, pour savoir si le parking et les bâtiments voisins exigent une protection ;
  • Parafoudres adaptés en tête d’installation et à proximité des bornes, coordonnés entre eux ;
  • Mise à la terre de qualité : la valeur de prise de terre influence directement l’efficacité des protections ;
  • Équipotentialité entre les masses métalliques de la borne, du support et du bâtiment.

Notre article sur la protection foudre des IRVE et la configuration minimale conforme en France détaille ce que nous recommandons au minimum. Si votre site est industriel ou classé, consultez aussi nos bons gestes de sécurité en cas d’orage.

Étape 6 : superviser dès le premier jour

L’Avere-France décrit la supervision technique comme le cœur d’un projet IRVE réussi. Elle permet de connaître en temps réel l’état des points de charge, d’intervenir à distance et de gérer dynamiquement la puissance selon la disponibilité au point de livraison.

Pour un parking d’entreprise, une supervision utile doit au minimum :

  1. remonter l’état de chaque borne (disponible, en charge, en défaut) ;
  2. permettre le contrôle d’accès, par badge ou application, et l’affectation des consommations ;
  3. moduler la puissance globale pour ne pas dépasser la puissance souscrite ;
  4. produire des rapports de consommation pour la refacturation ou le suivi RSE ;
  5. déclencher des alertes de maintenance.

Nous avons détaillé ces exigences dans notre guide sur la supervision des bornes de recharge.

Étape 7 : prévoir la maintenance et son suivi

Le livre blanc de l’Avere-France indique que la maintenance préventive ne doit pas être négligée. Il recommande une GMAO (gestion de maintenance assistée par ordinateur) pour rationaliser les interventions, garder l’historique et éviter une dégradation rapide des bornes, surtout en extérieur.

Un contrat de maintenance bien pensé couvre :

  • les visites périodiques (contrôle visuel, serrages, état des câbles et des connecteurs) ;
  • la vérification des protections électriques et des parafoudres ;
  • la mise à jour des logiciels ;
  • l’intervention en cas de panne, avec un délai défini ;
  • la tenue d’un registre d’interventions.

Nos conseils sur la maintenance des bornes IRVE précisent les obligations et les bonnes pratiques.

Budget et financement

Le coût d’un projet se compose de quatre blocs : le matériel, les travaux (tranchées, câblage, tableau, éventuel renforcement), la supervision, et l’exploitation sur la durée. Les fourchettes de l’Avere-France citées plus haut (5 000 € à 10 000 € par borne AC, jusqu’à 100 000 € en DC) sont un repère. Une étude de site donne seule le chiffre réel.

Postes de coût et estimations AC et DC

Pour le financement, le programme Advenir, financé par les certificats d’économies d’énergie, soutient certains projets de recharge. Les règles d’éligibilité, les plafonds et les cibles évoluent selon les années et selon le type de site : vérifiez-les avant de commander, car une borne installée avant l’accord peut ne plus être éligible. Notre page sur les aides Advenir pour les entreprises présente le sujet, et notre article sur les bornes de recharge en entreprise, obligations et coûts complète le chiffrage.

Notre point de vue chez Indelec

Nous ne sommes pas arrivés aux bornes de recharge par le matériel, mais par la sécurité des installations électriques. Indelec existe depuis 1955 et notre métier est de protéger des infrastructures contre la foudre : paratonnerres, prises de terre, protection contre les surtensions, audits et vérifications. Cette expérience change notre regard sur un projet IRVE.

Nous constatons que les projets se fragilisent à trois endroits. D’abord, la puissance est traitée trop tard, alors que c’est elle qui décide du budget et du calendrier. Ensuite, la protection contre les surtensions est vue comme un accessoire, alors qu’une borne en extérieur est précisément l’équipement exposé. Enfin, la maintenance est pensée après coup, sans registre ni contrôle des protections.

Notre conviction : un projet IRVE d’entreprise se juge à sa disponibilité dans la durée, pas à la date de pose. C’est pourquoi nous proposons de traiter ensemble l’étude, l’installation, la protection et le suivi. Nos bornes sont d’ailleurs testées en laboratoire haute tension, dans la continuité de notre centre de R&D.

— INDELEC

Un interlocuteur unique pour votre projet IRVE

Indelec Mobility accompagne les entreprises dans le déploiement d’infrastructures de recharge, avec l’appui de nos équipes spécialisées dans les interventions en contexte réglementé. Pour le volet protection du site, nous réalisons l’analyse du risque foudre, l’installation et la vérification, avec une certification Qualifoudre systématique. Découvrez notre offre Indelec Mobility ou nos services de protection contre la foudre pour décrire votre site et obtenir une étude.

Feuille de route : de l’idée à la mise en service

PhaseActionLivrable
1. CadrageObligations, usages, flotte, nombre de bornes à termeCahier des besoins
2. PuissanceRelevés, échange avec le gestionnaire de réseau, état du TGBTNote de dimensionnement
3. ConceptionChoix AC ou DC, emplacement, protections, supervisionÉtude technique et chiffrage
4. FinancementVérification des aides et de l’éligibilité avant commandeDossier déposé
5. TravauxInstallation par un installateur qualifié IRVEBornes installées
6. Mise en serviceEssais, réglages de supervision, formation des utilisateursRapports d’essais
7. ExploitationMaintenance préventive, suivi des consommationsContrat et registre

Compter plusieurs mois entre le cadrage et la mise en service est raisonnable dès que le raccordement doit évoluer : les délais réseau sont souvent le facteur limitant, d’où l’intérêt de contacter le gestionnaire tôt.

FAQ

Mon entreprise est-elle obligée d’installer des bornes de recharge ?

Cela dépend de votre taille et de votre parking. Selon Service Public Entreprendre, les bâtiments non résidentiels existants de plus de 20 places doivent comporter un point accessible PMR depuis le 1er janvier 2025, pour les entreprises de plus de 250 salariés et/ou au bilan supérieur à 43 M€ ou au chiffre d’affaires supérieur à 50 M€. Les bâtiments neufs ont des règles de pré-équipement dès 10 places.

Faut-il un installateur certifié pour des bornes en entreprise ?

Oui, dès que la puissance dépasse 3,7 kW. La qualification IRVE est obligatoire pour la conception, l’installation et la maintenance, selon Qualifelec. Vérifiez que la mention IRVE figure bien sur le devis et la facture.

Combien coûte une borne pour un parking d’entreprise ?

L’Avere-France estime l’investissement entre 5 000 € et 10 000 € par borne AC de moins de 22 kW, et jusqu’à 100 000 € pour une borne DC de 50 kW et plus, selon les chiffres de son livre blanc. Le montant réel dépend des travaux de raccordement et de la supervision, et ne se fixe qu’après une étude de site.

Faut-il prévenir Enedis avant d’installer des bornes ?

Oui, dès la phase de conception si votre projet fait évoluer la puissance appelée. Enedis souligne l’importance de la concertation avec le gestionnaire de réseau pour évaluer la capacité de raccordement. Une gestion dynamique de la charge peut limiter les besoins de renforcement.

Une borne de recharge a-t-elle besoin d’une protection contre la foudre ?

Une borne en extérieur est exposée aux surtensions. Une analyse du risque foudre du site permet de déterminer la protection nécessaire : parafoudres, mise à la terre, éventuellement paratonnerre. Cette analyse est de préférence menée avant l’installation.

Sources

Recommandations