Étude de site IRVE : méthode, relevés et livrables

Une étude de site IRVE vérifie, avant tout achat de bornes, que votre installation électrique et votre parking peuvent accueillir la recharge dont vos usages ont besoin, aujourd’hui et demain. Elle répond à quatre questions : de quelle puissance disposez-vous, combien de points de recharge faut-il, où les placer, et quels travaux et quelles protections sont nécessaires. Voici comment la mener, ce qu’elle doit produire et à quoi l’adosser pour que l’installation soit conforme.
En bref
- L’étude précède le choix du matériel : elle fixe la puissance utilisable, le nombre de points de recharge et la trajectoire de déploiement.
- Elle s’appuie sur des relevés précis : plans, bilans de puissance, caractéristiques du raccordement, intensité de court-circuit.
- La puissance disponible d’un site existant se calcule à partir de la puissance de raccordement, moins les puissances contractuelles réelles.
- Les livrables servent à chiffrer les travaux et alimentent le dossier technique transmis à CONSUEL dans les cas prévus.
- Mise à la terre, surtensions et foudre se traitent dès l’étude, pas après la pose.
Table des matières
- À quoi sert une étude de site IRVE
- À quel moment la réaliser
- Les relevés à réunir avant l’étude
- Évaluer la puissance disponible et le raccordement
- Dimensionner le nombre, la puissance et l’emplacement des bornes
- Génie civil, accessibilité et cheminement des câbles
- Sécurité électrique, mise à la terre et foudre
- Les livrables d’une étude de site IRVE
- Notre point de vue sur l’étude de site
- Passer de l’étude à l’installation avec Indelec
- Questions fréquentes
- Sources
À quoi sert une étude de site IRVE
Une borne n’est qu’un point visible d’un ensemble plus large : tableau, protections, câbles, raccordement au réseau, supervision. L’étude de site regarde cet ensemble avant de commander quoi que ce soit. Son but est d’éviter deux erreurs coûteuses : un site sous-dimensionné qui disjoncte dès que les véhicules se branchent, et un site surdimensionné dont on paie la capacité sans l’utiliser.
La Direction générale des entreprises le dit clairement dans son guide sur les marchés d’infrastructures de recharge : l’étude préalable permet de connaître les besoins des usagers et d’orienter la puissance et les caractéristiques des bornes en fonction des usages. Le même document recommande de raisonner en coût complet sur tout le cycle de vie, maintenance et supervision comprises, plutôt que sur le seul investissement initial. C’est une bonne grille de lecture pour comparer des devis.
Concrètement, une étude de site bien menée donne à un maître d’ouvrage, un gestionnaire de parc immobilier ou un responsable d’établissement industriel :
- une photographie fiable de l’existant électrique et du parking ;
- une cible d’équipement, avec un déploiement par phases ;
- le schéma de principe de l’installation et ses protections ;
- une enveloppe de travaux chiffrable, y compris les éventuels renforcements côté réseau.
À quel moment la réaliser
La réponse courte : en amont de tout, avant la consultation des fournisseurs de bornes. Une étude réalisée après le choix du matériel ne sert qu’à justifier ce qui est déjà acheté. Elle découvre alors trop tard que le tableau est saturé ou que la distance de câblage double le budget.
Trois situations déclenchent typiquement l’étude :
- Un parking existant (tertiaire, industriel, copropriété, collectivité) que l’on veut équiper, pour une flotte, des salariés ou des visiteurs.
- Un projet neuf ou une rénovation lourde, où l’on peut prévoir les fourreaux et la puissance de raccordement dès la conception.
- Une extension d’un parc déjà équipé, quand les premières bornes ont rempli la capacité prévue et qu’il faut savoir jusqu’où aller.
Dans les trois cas, nous recommandons de fixer à l’étude une cible à moyen terme, plutôt que de ne dimensionner que pour la demande du jour. Un site qui prévoit ses fourreaux et son tableau pour la phase suivante évite de rouvrir les tranchées dans deux ans. Pour la partie obligations légales des entreprises, notre article sur les obligations IRVE en entreprise en 2026 détaille ce que la loi impose.
Les relevés à réunir avant l’étude
La qualité de l’étude dépend de la qualité des données d’entrée. Le référentiel de formation publié par Avere-France sur les études de conception IRVE liste ce qu’il faut relever sur l’existant : photos, rapports, plans de masse, adéquation du pouvoir de coupure et de l’intensité de court-circuit, bilans de puissance, caractéristiques du raccordement et capacité d’évolution du branchement.
Pour préparer la visite, rassemblez en amont :
- les plans de masse et de réseaux du site, avec l’emplacement des tableaux, des locaux techniques et des cheminements existants ;
- le schéma unifilaire du tableau général et des tableaux divisionnaires ;
- les factures ou courbes de charge permettant de connaître les puissances réellement appelées ;
- le contrat de fourniture, la puissance souscrite et les caractéristiques du point de livraison ;
- les rapports de vérification électrique récents ;
- les informations sur les usages : nombre de véhicules, horaires de présence, durée de stationnement, types de véhicules.
Ce dernier point est souvent négligé. Une flotte de véhicules utilitaires rentrant à 18 h et repartant à 7 h ne se dimensionne pas comme un parking de visiteurs qui restent deux heures. La première permet une recharge lente et lissée dans la nuit, la seconde réclame de la puissance concentrée. L’audit des usages fait donc partie de l’étude, au même titre que les mesures électriques.
Sur place : ce que l’on vérifie
Lors de la visite, le technicien contrôle l’état et la place disponible dans les tableaux, le type de schéma de liaison à la terre, l’accessibilité du local, les distances entre tableau et places, la nature des sols et le passage des câbles. Il note aussi tout ce qui peut changer la nature du chantier : parking en sous-sol, plafonds encombrés, zones classées, ou site déjà soumis à une réglementation particulière.

Évaluer la puissance disponible et le raccordement
C’est le cœur de l’étude, et celui qui pèse le plus sur le budget.
Un site existant
Selon la documentation d’Enedis sur le raccordement des infrastructures de recharge, pour un site existant la puissance disponible correspond à la puissance théorique maximale du raccordement, moins la somme des puissances contractuelles réelles. Autrement dit, on ne part pas de ce que l’on paie, mais de ce que le branchement peut physiquement fournir, puis on retire ce qui est déjà engagé.
L’étude intègre ensuite deux notions clés : le foisonnement (toutes les bornes ne tirent pas leur puissance maximale au même moment) et le pilotage de la recharge (on répartit la puissance entre les véhicules branchés). Un système de délestage dynamique permet souvent d’installer plus de points de recharge que la puissance disponible ne le laisse penser, à condition que les usages s’y prêtent. Le bureau d’études doit chiffrer l’effet de ce pilotage sur les durées de recharge, pour que vous sachiez si chaque véhicule sera chargé à l’heure de départ.
Une construction neuve
Pour un bâtiment neuf, la même documentation indique que la puissance de raccordement s’établit en additionnant la puissance d’usage courant du bâtiment (PUC) et celle de l’IRVE (PIRVE). Enedis détermine le périmètre des travaux et valide les études. Il est donc utile de l’associer tôt, plutôt que de lui présenter un projet figé.
Les priorités de raccordement
Pour les infrastructures collectives, Enedis indique dans une note externe un ordre de préférence : d’abord le pied de colonne, puis le branchement commun, et seulement en dernier recours un nouveau branchement. L’étude doit donc examiner ces options dans cet ordre, car un nouveau branchement est généralement la solution la plus lourde à instruire et à financer. La même note précise qu’Enedis réalise des études régulières, au moins annuelles, sur les infrastructures collectives pour identifier les adaptations du réseau nécessaires, en fonction de l’équipement progressif des places et des usages réels.
Câbles et sections
Pour le raccordement au réseau public, les règles techniques d’Enedis demandent de respecter le principe des sections économiques, afin d’optimiser les coûts sur la durée de vie de l’ouvrage. En pratique, le câble le moins cher à l’achat n’est pas toujours le moins cher sur vingt ans : une section plus généreuse réduit les pertes en ligne. L’étude doit documenter ce choix.
Dimensionner le nombre, la puissance et l’emplacement des bornes
Une fois la capacité connue, on croise deux courbes : ce que le site peut fournir, et ce que les usages demandent. Le travail se fait en général par scénarios.
| Élément à décider | Question à poser | Effet sur l’étude |
|---|---|---|
| Nombre de points | Combien de véhicules à charger, et quand ? | Puissance totale et pilotage nécessaires |
| Puissance par point | Quelle durée de stationnement ? | Recharge lente le plus souvent suffisante pour la nuit |
| Emplacement | Distance au tableau, accessibilité, visibilité | Longueur de câble, génie civil, coût |
| Phasage | Quelle croissance à 2 ou 3 ans ? | Fourreaux et tableau à prévoir dès la phase 1 |
| Publics | Flotte, salariés, visiteurs ? | Mode d’accès, gestion, facturation |
Quantifiez les usages par catégorie : flotte, salariés, visiteurs, avec leurs horaires. Un tableau croisant les trois catégories et les plages horaires montre rapidement où la demande se concentre. Prévoyez aussi les cas particuliers : véhicules d’astreinte, véhicules lourds, besoin de recharge rapide ponctuelle.
Pour le déploiement progressif, une règle simple : installez dès le départ ce qui est cher à refaire (fourreaux, chemins de câbles, capacité du tableau, communication), et n’ajoutez les bornes elles-mêmes qu’au rythme des besoins. Notre méthode complète est détaillée dans l’article déployer des bornes IRVE en entreprise.
Génie civil, accessibilité et cheminement des câbles
Le cheminement est souvent le premier poste de coût hors bornes. L’étude examine les tranchées à ouvrir, les traversées de dalles, les passages de murs coupe-feu, la place dans les chemins de câbles existants et l’implantation des bornes par rapport aux circulations piétonnes et aux places accessibles.
Pour les immeubles de logements neufs, le guide d’Enedis sur les installations collectives prévoit des fourreaux, chemins de câbles et percements d’un diamètre minimal de 100 mm. Il demande aussi que le raccordement et les équipements soient dimensionnés pour alimenter au moins 20 % des places, avec un minimum d’une place, et que les bornes comportent une mesure de consommation. Ce guide vise le logement neuf, mais ses ordres de grandeur constituent un repère utile pour prévoir des cheminements généreux dans un autre type de projet : un fourreau trop petit se paie cher à l’extension.
À examiner également :
- la ventilation et les conditions d’exploitation d’un parc en sous-sol ;
- l’éclairage, le marquage au sol et la signalisation ;
- la protection mécanique des bornes contre les chocs de véhicules ;
- l’accès pour la maintenance, avec de la place pour intervenir sans immobiliser tout le parking.
Sécurité électrique, mise à la terre et foudre
Une installation de recharge est une charge importante, longue et répétée, souvent installée à l’extérieur ou en parking ouvert. Elle doit donc être pensée avec ses protections.
Ce que le dossier CONSUEL demande
Le dossier technique SC 143-IRVE de CONSUEL renseigne le schéma de liaison à la terre, les protections contre les contacts indirects et les protections contre les surintensités. Les notes de calcul correspondantes sont à établir pour les parties neuves et à transmettre à CONSUEL sur demande. Lorsque des parties d’installations existantes sont raccordées sous le même point de livraison que l’IRVE, l’installateur s’engage à avoir vérifié qu’il n’a pas diminué le niveau de sécurité de l’installation existante. L’étude doit donc inclure un diagnostic de l’existant, pas seulement du neuf.
Par ailleurs, CONSUEL prévoit un dossier technique pour les installations comportant une borne bidirectionnelle, quelle que soit leur puissance. Si vous envisagez le V2G ou le V2B à terme, mentionnez-le dès le cahier des charges de l’étude.
Surtensions et foudre : à traiter dès l’étude
Un parc de bornes est un ensemble d’électronique de puissance connecté à un réseau étendu, donc exposé aux surtensions d’origine atmosphérique ou de manœuvre. Une borne détruite immobilise un point de recharge, voire plusieurs si la communication ou l’alimentation est commune. L’étude doit donc statuer sur la nécessité d’une analyse du risque foudre, sur la présence d’un paratonnerre ou d’une structure maillée à proximité, sur l’équipotentialité et sur les parafoudres à prévoir en tête de ligne et au niveau des bornes.
Nous avons détaillé la configuration minimale dans l’article protection foudre IRVE : la configuration minimale conforme en France, et les principes généraux dans notre guide technique sur la protection contre les surtensions. Pour des sites au contexte plus exigeant, voyez nos solutions pour installations sensibles.
Les livrables d’une étude de site IRVE
Une étude qui s’arrête à un avis oral ne sert à personne. Voici ce que vous pouvez exiger, par ordre d’utilité pour la suite :
- Un état des lieux : relevés, photos, plans annotés, bilan de puissance de l’existant.
- Une note de dimensionnement : puissance disponible, hypothèses d’usage, foisonnement, pilotage, scénarios de montée en charge.
- Un schéma de principe : architecture électrique, protections, schéma de liaison à la terre, communication.
- Un plan d’implantation : bornes, cheminements, fourreaux, tableaux.
- Une estimation chiffrée par phase, avec les travaux de génie civil, les éventuels renforcements et la part réseau.
- Les pièces préparant la conformité : notes de calcul des parties neuves et éléments du dossier technique.
Ce dernier point mérite une précision. Selon CONSUEL, le dossier SC 143-IRVE est à joindre par l’installateur principal lorsque la puissance au point de livraison dépasse 36 kVA et que la réglementation n’impose pas de rapport d’inspection. Il est joint à l’attestation de conformité dans les cas prévus. Si votre étude produit déjà ses données (caractéristiques de l’installation, protections, calculs), le dossier se constitue sans reprise.
Enfin, prolongez l’étude par une vision d’exploitation : la maintenance des bornes et de leurs protections fait partie du coût global. Notre article sur la maintenance des bornes IRVE décrit les obligations et les bonnes pratiques.
Notre point de vue sur l’étude de site
Depuis 1955, notre métier est de protéger des installations contre les effets de la foudre. Cette culture de la protection change la manière dont nous regardons un projet de recharge : la borne n’est pas isolée, elle fait partie d’un site dont il faut sécuriser la terre, les liaisons équipotentielles et les protections.
Nous défendons une étude qui intègre la protection contre la foudre et les surtensions dès le départ. Sur un parc de bornes, c’est à l’étude que se décide la robustesse de l’installation, pas au moment où un orage a déjà endommagé l’électronique.
Indelec met en avant plus de 280 000 installations dans 80 pays, une certification Qualifoudre systématique et un centre de R&D dédié. Avec Indelec Mobility, nous apportons cette expérience aux infrastructures de recharge, avec des équipes formées aux interventions en contexte réglementé.
Notre conseil : confiez l’étude, l’installation et la maintenance à un interlocuteur capable de couvrir l’ensemble de la chaîne, de l’analyse du risque à la vérification périodique. Un seul périmètre de responsabilité évite les zones grises entre l’électricien, le fournisseur de bornes et le spécialiste foudre.
INDELEC
Passer de l’étude à l’installation avec Indelec
Si votre site est un établissement industriel, tertiaire ou une infrastructure publique, nous pouvons prendre en charge l’audit, la protection contre la foudre et les surtensions, puis l’installation et la maintenance de vos infrastructures de recharge. Retrouvez notre offre sur la page Indelec Mobility pour les bornes de recharge, et nos prestations d’analyse du risque foudre, d’étude technique, d’installation et de vérification sur la page protection contre la foudre.

Les tarifs dépendent du site et du périmètre : décrivez-nous votre projet pour obtenir une proposition adaptée.
Questions fréquentes
Une étude de site IRVE est-elle obligatoire ?
Le terme « étude de site » ne désigne pas, dans les sources consultées, un document unique imposé en tant que tel. En revanche, le dimensionnement, les notes de calcul des parties neuves et, selon la puissance au point de livraison, le dossier technique CONSUEL sont exigés dans les cas prévus. Faire l’étude en amont est le moyen le plus simple de produire ces éléments sans reprise.
Quelle est la différence entre étude de site et audit des usages ?
L’audit des usages décrit les besoins : qui recharge, quand, combien de temps. L’étude de site confronte ces besoins à la réalité physique et électrique du parking et du raccordement. Les deux se complètent et se mènent ensemble, l’audit alimentant le dimensionnement.
Faut-il contacter Enedis avant ou après l’étude ?
Pendant. Enedis détermine le périmètre des travaux de raccordement et valide les études en construction neuve, et privilégie un ordre précis de solutions pour les infrastructures collectives. Savoir tôt si le pied de colonne ou le branchement commun suffit évite de bâtir un projet sur une hypothèse irréaliste.
Faut-il tenir compte de la foudre pour des bornes de recharge ?
Oui, dès que le site est exposé : parking extérieur, structure haute à proximité, réseau étendu. L’étude doit trancher sur l’analyse du risque foudre, l’équipotentialité et les parafoudres. Notre article sur la protection foudre IRVE décrit une configuration minimale conforme en France.
Qui peut réaliser l’étude ?
Un bureau d’études ou un installateur disposant de compétences électriques et de références en infrastructures de recharge. Le référentiel Avere-France prévoit un référent technique électricien justifiant d’une expérience de 1 à 4 ans selon son diplôme. Demandez des références de sites comparables et la liste des livrables avant de signer.
Sources
- Enedis : raccordement des infrastructures de recharge (Domaine A)
- Enedis : note externe sur les infrastructures collectives
- Enedis : principes d’étude et règles techniques de raccordement
- Enedis : guide des immeubles de logements neufs
- CONSUEL : dossier technique SC 143-IRVE
- CONSUEL : dossiers techniques
- Direction générale des entreprises : guide des marchés d’infrastructures de recharge
- Avere-France : études de conception IRVE




